L’art numérique, malgré qu’il ne soit pas réellement un nouveau concept, n’est pas encore un domaine connu du grand public. Beaucoup ont du mal à distinguer cette forme d’art à d’autres formes qui font également appel à la technologie numérique. Pour cette raison, il convient d’expliquer en détails de quoi relève l’art numérique et quels en sont ses caractéristiques.

Le numérique dans la création

Si la photographie numérique n’est pas considéré comme étant de l’art numérique, c’est parce que dans cette forme le numérique ne fait pas partie du processus de création. Il représente un support. En effet, Stéphane Maguet définit l’artiste numérique comme étant « celui qui utilise les technologies numériques pour s’exprimer, pour questionner et pour chercher ».  En gros, il faut donc que dans le processus de création, le numérique ou les technologies jouent un rôle essentiel. C’est d’ailleurs pour cette raison que dans la plupart des cas, l’œuvre est le fruit de la collaboration entre un artiste, un programmeur, un ingénieur, un designer et même entre une équipe de chercheurs. Cependant, l’artiste peut remplir toutes ces fonctions à lui-seul, sans devoir faire appel à d’autres personnes. Pour faire simple, on peut dire qu’une œuvre d’art numérique est programmée et non figée. Elle renferme obligatoirement un code binaire qui lui procure sa forme et son corps. L’appellation numérique tient d’ailleurs son origine de l’utilisation du numérique en tant que matière. Sans cette matière, il devient impossible de faire de l’art numérique. Pour découvrir quelques œuvres d’art numérique, un site comme www.artinternet.fr y consacre une rubrique entière.

Histoire de l’art numérique

Contrairement à l’avènement d’internet, l’art numérique est devenu un genre artistique dès les années 50. Il se caractérise par l’utilisation des spécificités du langage et des composants numériques. Il peut s’agir d’utiliser un ordinateur, un réseau et une interface pour faire la création d’une œuvre d’art. Comme tout art, il ne s’agit pas de créer un objet qui utilise les technologies car l’artiste numérique a souvent tendance à malmener les outils et à bousculer leur utilisation en temps normal pour en donner une toute autre forme permettant d’exprimer une idée. Cette forme d’art n’a cessé de se développer depuis. De nombreux événements et festivals qui y sont consacrés ont même vu le jour pour ne citer que l’Ars Electronica en Autriche en 1979, le Transmediale de Berlin, l’ISEA ou International Symposium of Electronic Arts en France, ou encore le festival EXIT à la Maison des Arts de Créteil. Toutefois, ce n’est pas tout ce qui distingue l’art numérique. En effet, dans cet art, le spectateur est invité à participer physiquement dans le processus de création. C’est ainsi que les capteurs de mouvement, les data-gloves et d’autres outils permettant de s’approprier les réactions humaines, sont sollicités lors de la création d’une œuvre numérique. Cette interactivité, en raison de sa grande utilisation dans l’art numérique, est devenue au fil du temps un élément distinctif de la discipline. De nombreux artistes numériques trouvent le moyen de créer l’œuvre et de lui donner vie grâce à l’interaction avec le spectateur. C’est ce qui bouleverse un peu le rapport habituel entre l’œuvre et le spectateur.

L’influence du Dadaïsme

Certaines œuvres d’art numérique obéissent à des règles précises. Cela vient de l’influence du mouvement dadaïste des années 20, notamment des œuvres de Marcel Duchamp et de Man Ray. Dans le passé, les artistes dadaïstes étaient des adeptes du processus combinatoires et ce en suivant des règles strictes. Par la suite, ces combinaisons s’étendront dans d’autres domaines en dehors de la poésie et touchant la littérature en général, la musique ou encore les arts visuels. Aujourd’hui, l’artiste numérique s’en inspire encore beaucoup. A titre de rappel, le dadaïsme est un mouvement ou un courant intellectuel qui a été en vogue entre 1916 et 1925. Sa particularité réside dans la remise en cause de toutes les conventions et des contraintes idéologiques, artistiques et politiques de l’époque.

Le processus de la création d’une œuvre numérique

Comme expliqué plus haut, le processus de création en art numérique diffère des standards de la création artistique. Selon les spécialistes, il doit comprendre deux points essentiels qui sont l’interactivité et la générativité. Ainsi, un spectateur est invité à bouger, à faire des grimaces et à agir. Il doit donc faire des gestes ou des mouvements qui seront captés et qui passeront transférés vers une vie artificielle pour former une œuvre d’art. Toutefois, tout ceci ne serait possible sans la matière principale qui est la technologie et le numérique. Auparavant, les artistes devaient développer eux-mêmes leurs logiciels pour s’adonner à cet art. Désormais, avec l’évolution de la nouvelle technologie et la vulgarisation des outils informatiques, des programmes de création numérique sont accessibles à tous sur le marché. Néanmoins, de nombreux artistes numériques tenteront de repousser leurs limites de l’expérience en développant des outils ultradéveloppés pour créer des œuvres uniques. Aujourd’hui, l’art numérique compte de nombreuses sous-catégories comme la réalité virtuelle, la réalité augmentée, l’art génératif, l’art interactif ou encore l’art robotique. C’est un domaine qui tend encore à se développer dans le futur mais surtout qui aura une diffusion plus importante grâce à Internet.